The Jay par AvroKO : retravailler le brutalisme à l’échelle de l’intérieur
Une large bande de lattes de bois s’incurve autour de l’escalier du The Jay, captant une lumière chaude avant que l’œil n’atteigne la volée de métal sombre derrière. La composition introduit l’approche d’AvroKO pour cet hôtel de San Francisco : des formes imposantes sont rapprochées du corps par la texture, la répétition et le mobilier. Ouvert en novembre 2023 dans un bâtiment de John Portman, cet établissement Autograph Collection de 360 chambres conserve une ossature architecturale puissante tout en donnant à ses intérieurs un rythme plus domestique. [1] [2]

Un escalier qui articule le bâtiment
L’escalier est à la fois circulation et rencontre prolongée avec l’art. AvroKO cite la propre maison de Portman comme influence et conserve une haute œuvre en bronze moulé d’Arnaldo Pomodoro provenant de l’hôtel précédent. Vue entre les lattes, la sculpture occupe l’espace vertical dans lequel l’escalier tourne. Le faible espacement du bois fait lire l’enveloppe différemment selon l’angle : presque pleine dans une vue, transparente dans une autre. Elle fournit au bronze un premier plan changeant à mesure que les visiteurs circulent autour de l’escalier. [2]

À l’entrée, des assises basses tapissées se placent devant un mur gris profondément modelé. Un petit tapis circulaire rouge concentre le groupe, tandis que le sol alentour reste dégagé. Au-dessus, le plafond doucement éclairé définit une autre zone contenue dans le grand volume. Les photographies suggèrent une tactique récurrente : l’architecture apporte le poids, et quelques places assises soigneusement délimitées lui donnent une échelle humaine. [5]

Lumière, motif et lieux de rencontre
The Third Floor étend cette idée aux espaces de restauration et de sociabilité. Des carreaux noirs et blancs forment un champ net sous des chaises en bois clair ; des écrans arrondis gardent l’escalier et les assises dans le champ visuel. Le fabricant de luminaires VISO explique que ses suspensions hexagonales du restaurant renvoient aux colonnes à motifs du bâtiment. Son installation à la réception utilise 48 abat-jour en lin sur des structures de laiton. Ces détails relient plafond et structure par des formes répétées, tandis que tissu translucide et bois tempèrent la géométrie plus dure. [2] [3]

Dehors, la terrasse crée une autre pièce sans enfermer le ciel. Les plantations se concentrent sur ses bords et des assises tapissées font face à un long foyer sous une structure supérieure ouverte. Dans la photographie, les hautes façades de la ville restent présentes au-delà des meubles. L’échelle de la terrasse vient de la distance entre chaises et table, donnant au fond urbain un autre rôle que celui des surfaces proches et superposées de l’intérieur. [5]

Le même langage à une échelle plus calme
Les chambres traduisent ces gestes publics en éléments plus petits. L’hôtel décrit l’œuvre de Ruth Asawa comme une influence sur leurs motifs et textures. Des tissus clairs, des tables sombres et sculpturales et un bureau en bois forment une série de coins utilisables près des hautes fenêtres. Dans un autre intérieur, une console claire repose sur d’épais supports cylindriques sous deux lampes en dôme. Sa volumétrie simple donne à un objet fonctionnel la présence d’un petit morceau d’architecture. [4] [5]

Le lien le plus convaincant entre ces espaces réside dans le traitement des enveloppes. Les écrans préservent des aperçus, le mobilier crée des centres locaux et la lumière rend distinctes les limites de chaque cadre. La rénovation d’AvroKO laisse les formes puissantes du bâtiment lisibles tout en créant les distances plus courtes et les situations variées qui rendent un grand hôtel agréable à habiter.

Sources et références du projet
[2] AvroKO — The Jay


























































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